Il est un miroir dans lequel je ne me lasse pas de me regarder, c'est celui des yeux de ma maman. Quand je vais lui rendre visite à l'hôpital, dès qu'elle me voit arriver, c'est comme si j'étais le messie. Un regard de soulagement, plein d'amour, de considération, de confiance. J'aurais eu aussi ce privilège dans ma vie, celui d'avoir eu un rapport d'amour, de considération et de confiance avec mes parents. Croyez-moi, cela vaut bien mieux que tout l'or du monde.
Quant aux autres miroirs, je m'y regarde aussi, droit dans les yeux. J'y vois un garçon profondément triste. Triste et bien seul. Triste de voir sa mère malade, triste de ne pas être tout puissant et de ne pas pouvoir la sauver. Mais j'y vois aussi un garçon qui agit, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour accompagner sa maman du mieux possible. Qui affronte l'adversité et qui veillera au bien-être de sa maman jusqu'au bout. Elle a besoin de moi, dans les faits elle n'a que moi, surtout depuis le décès de papa, je ne l'abandonnerais pas. Un verset biblique dit : « Là où il n'y a pas d'homme, comporte-toi en homme ». C'est ce que je fais.
par Pierre Regini
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