Mardi 5 août 2008 2 05 /08 /Août /2008 00:18
Août 2007 / Août 2008, cela fait un an que ma mère est en maison de retraite.
Elle n'est plus tout à fait la même que l'année dernière. La maladie évolue sournoisement. Et pourtant c'est toujours elle. C'est toujours ma maman chérie. Il me semble que je l'aime encore plus. C'est sans doute que moi aussi je ne suis plus le même que l'an dernier. Notre relation a réussi à évoluer avec le temps et avec la maladie.
Notre relation est restée très forte. Ma mère non seulement me reconnaît, mais elle m'attend et me réclame toute la journée. Pour ma part, je vais la voir tous les soirs après mon travail. Elle le sait. Nous prenons notre souper ensemble. Elle a bon appétit. Très souvent on lui ressert une assiette ou je lui donne la mienne. Il est vrai aussi que le midi, parfois, il lui arrive de ne rien manger ou presque. Elle ne reste pas en place, se lève de table. En tout cas, l'époque des blédines est révolue. Ensuite, les aides soignantes la mettent en pyjama, parfois c'est moi, parfois c'est déjà fait avant que j'arrive, et puis je m'assois près de son lit et j'attends qu'elle s'endorme. Ce qui de manière générale ne tarde pas trop avec la prise de médicaments.
Quand elle me voit arriver le soir, ou l'après-midi le week-end, je suis accueillis par son sourire extraordinaire, et bien souvent par un « amore mio » qui lui sort du fond du cœur. Et les étreintes, les câlins, les bisous. Et puis souvent elle me raconte avec passion des choses qui sont incompréhensibles. Mais je l'écoute avec un grand intérêt. Parfois je lui demande de me préciser de quoi ou de qui elle parle, alors elle me dit : « je ne sais pas ». En tout cas elle me raconte et je l'écoute. Elle a l'air soudain apaisée. Et puis s'ensuit un long mutisme pendant lequel on continue à se tenir et à se caresser les mains. Mais parfois, c'est l'agitation. Elle me dit : « il faut qu'on parte ! ». Alors je déambule avec elle. Nous faisons le tour du bâtiment par la terrasse, et nous parcourons plusieurs fois le long couloir qui mène des chambres à la salle à manger. A ce propos, elle sait où se trouve sa chambre, contrairement à certains résidents. Parfois elle est fatiguée et a envie d'aller se coucher. La sieste de l'après-midi, ou avant le repas du soir. Elle sait que je reste près d'elle, elle me sert la main contre elle. Et puis elle se réveille au moment du goûter ou pour le souper.
Je la stimule comme je peux. Toujours avec beaucoup d'empathie, un immense respect et tout simplement mon amour.
Le vendredi midi je lui ramène un bouquet de fleurs. Elle est fière de cette marque d'attention, et surtout des compliments que le personnel lui fait sur la beauté de SON bouquet. Parfois elle m'aide à mettre les fleurs dans le vase. Souvent elle me regarde faire. Elle apprécie le parfum de ces fleurs lorsque je lui fait sentir. Il s'agit d'une habitude hebdomadaire qui remonte à l'époque où j'ai commencé à vivre avec elle, c'est-à-dire août 2006, à la mort de mon père.
Quand je lui demande si elle veut que je la parfume, systématiquement elle accepte. Que ce soit pendant la journée, ou le soir avant qu'elle s'endorme. Alors je lui vaporise son parfum dans le cou, et puis elle baisse la tête pour m'indiquer qu'elle veut que je lui en mette derrière la nuque.
Ma mère a toujours été coquette. Elle adore les crèmes pour le visage, les mains ou les pieds. Quand je lui applique ces crèmes, non seulement elle se laisse faire, mais cela peut durer le temps que je veux. Lors de sa dernière visite, ma sœur lui a ramené quatre ou cinq colliers fantaisie. Ma mère a voulu les mettre tous à la fois avec une jubilation de petite fille qui faisait vraiment plaisir à voir. A propos de ma sœur, la seule de la fratrie qui a gardé le contact avec maman et avec moi, je l'appelle tous les soirs avec mon téléphone portable pour qu'elle parle avec maman. Certes, la conversation est très limitée. Ma mère, que j'ai préparée à ce contact en lui demandant si elle voulait que je fasse le numéro de sa fille, reconnaît sa voix. Elle lui dit des mots doux, du genre ma petite chérie, mais en italien, et puis elle lui demande quand elle compte venir. Parfois elle ne dit rien, pas un mot, mais elle écoute avec attention.
Quand je sens qu'elle est disposée, je lui propose de dessiner. Plus exactement de colorier des dessins pré-imprimés. Elle le fait avec une application remarquable. Parfois je dois lui proposer à plusieurs reprises. J'ai appris qu'un refus de sa part n'était pas forcément définitif. En reformulant la proposition, souvent dans les mêmes termes, mais avec un peu de patience, elle finit par accepter. Il faut dire que c'est très gratifiant pour elle. Je lui dit que c'est magnifique, et c'est vrai, quand on voit avec quelle application et quelle précision elle suit les contours du dessin, et puis je lui demande de signer. Elle est encore en mesure de faire sa signature ! Et parfois elle fait confusément une suite de lettres.
Ce qu'elle aime aussi, c'est écouter de la musique. Des chansons napolitaines que j'ai téléchargé sur mon téléphone portable. Elle reconnaît les chansons même si elle ne fredonne plus les refrains. Cela lui fait incontestablement plaisir.
Voilà un an que ma mère vit dans cette maison de retraite. Une bonne maison de retraite. Elle ne l'a quittée que pour se rendre en ambulance au service des urgences après des chutes, ou pour passer des examens cliniques. Je ne sais pas si la fameuse phase d'adaptation est passée. Faut-il dire adaptation ou acceptation ? Je crois que l'adaptation s'est produite dès les premiers jours. Quant à l'acceptation... je n'en sais rien.
Il y a un an, quand ma mère est entrée en maison de retraite, j'avais l'ambition de pouvoir la sortir régulièrement pour l'emmener au restaurant à Nice ou à Cannes, ou aller manger une crêpe ou un gâteau au chocolat à Villefranche ou au Négresco, ou sur la plage de Nice comme nous l'avons fait si souvent, avant.
Aujourd'hui, non seulement je ne me sens plus capable physiquement et psychologiquement d'affronter seul ma mère en dehors du cadre sécurisant que représente un établissement médicalisé comme celui dans lequel elle se trouve, mais je me rend compte que ce qui peut nous paraître agréable en théorie peut s'avérer traumatisant ou anxiogène pour les personnes alzheimer dès qu'on change leur cadre de vie et leurs habitudes. Ce qui nous semble agréable ne l'est pas forcément pour elles. Il faut apprendre et accepter de vivre autrement, avec ces nouveaux critères dictés par cette foutue maladie. Je ne sais pas si cela fait partie aussi de la résilience à laquelle faisait allusion JPP dans son commentaire laissé dans mon texte intitulé « Introduction » et auquel j'ai été très sensible.
Par Pierre Regini - Publié dans : Témoignage
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Commentaires

Merci de votre témoignage. Ma mère, 84 ans, a la même maladie, et je partage avec vous les mêmes réflexions. Bon courage. Comment va votre mère, pourquoi n'écrivez-vous plus?
Commentaire n°1 posté par Diep le 09/02/2009 à 21h45
Merci de m'avoir laissé un message, et pardon d'y répondre avec retard. L'état de maman "se maintient"... Elle a toujours bon appétit, me reconnait et me réclame tous les jours. J'ai des moments de complicité avec elle qui me font un bien fou. C'est tout ce que je veux retenir. Sinon son traitement a été récemment modifié. Elle a été jugée un peu trop agressive par moment avec le personnel et présentant un "risque" pour les autres résidents... Résultat, elle est beaucoup plus calme, et perd à nouveau le sens de la marche (comme à chaque fois en attendant le "bon" dosage"). Alors me revoilà confronté au cycle des chutes nocturnes (la journée elle est attachée en fauteuil). Depuis un mois elle est tombée 3 fois (la dernière date d'hier) totalisant la bagatelle de 16 points de suture à la tête.
J'ai du mal à écrire depuis un certain temps. Depuis le début de ce blog en fait. Souvent je suis pris de nausées en essayant de rédiger et de traduire mes sentiments en mots. Des messages comme le vôtre m'aideront sans doute à continuer de témoigner.
A bientôt
Réponse de Pierre Regini le 05/03/2009 à 08h22
Avez vous une vie personnelle..je veux dire un mari, des enfants...ma mère a aussi un début de maladie d'aizeihmer, mais moi je suis paniquée car je ne la reconnais plus, elle est si déroutante dans son comportement que quelques fois je me demande si elle ne joue pas une sorte de comédie, avec tantôt une répartie surprenante et parfois elle me parle comme si j'étais une autre personne de la famille (sa mère, sa soeur) comment peut on être si changeant? elle vit seule (avec quand même une aide ménagère et une infirmière pour lui donner ses médicaments) à 80km de chez moi, et à 500  km de mon frère. Nous passons notre vie à nous inquiéter..Je l'avais fait inscrire dans un foyer logement mais au dernier moment elle a refusé d'y aller, quelques semaine après elle regrettait de ne pas y être allée! maintenant elle me dit même que l'hiver prochain elle prendra "des médicaments "si on ne ne lui propose pas une nouvelle entrée! De plus elle a une pension de reversion donc un très faible revenu... et les établissement coûte cher!
Elle a toujours eu un caractère difficile et vit seule depuis 29 ans...je n'imagine pas de la garder à mon domicile. J'ai vécu toute mon adolescence à voir ma mère et ma grand mère (sa belle mère)s'entredéchirer...et pourtant cette dernière habitait une petite dépendance à côté de notre maison et un mois sur 2 seulement! Elle me disait alors :"il ne faut pas beaucoup aimer son conjoint pour lui imposer sa mère!" et maintenant elle serait pas contre de venir habiter chez moi, mais je ne veux pas entrer dans cette spirale, d'autant plus que mon mari a aussi une mère de 81 ans très autoritaire elle aussi. Que dois je faire? puisque ma mère ne sait pas vraiment ce qu'elle veut...je pense que maintenant elle se dira qu'elle serait mieux ailleurs quelque soit l'endroit où elle sera....
Commentaire n°2 posté par nathy le 08/03/2010 à 22h49
Chère Nathy,
Vous avez répondu à votre question. Et soyez certaine que votre maman ne sera jamais contente, quelle que soit la solution que vous prendrez. Il s'agit pour vous d'agir en fonction de ce qui est le mieux pour elle, bien évidemment, ET aussi pour vous...
Sachant qu'à plus ou moins court terme, l'évolution de la maladie ne permettra plus le maintien à domicile, il serait sans doute moins douloureux de trouver une maison de retraite médicalisée près de chez vous dès à présent plutôt que d'avoir à le faire dans l'urgence.
Concernant ma vie personnelle, je suis divorcé et sans enfants. Je vivais seul depuis peu lorsque mon père est décédé et que j'ai pris en charge ma mère. J'ai vécu « entre parenthèses » durant les trois années où j'ai accompagné ma mère. Elle est décédée en décembre dernier, je n'ai pas encore eu la force de l'évoquer sur le blog.
J'ai orienté ma vie en fonction de ma mère. J'ai quitté Paris pour m'installer chez elle à Nice pour la garder le plus longtemps possible à domicile, dans son cadre de vie, puis, quand il a fallu la placer dans une structure adaptée, en allant la voir quotidiennement.
Le conseil que j'ai envie de vous donner, compte tenu de la situation que vous me décrivez, serait de trouver au plus vite une structure médicalisée près de chez vous pour votre maman. Tout en sachant que la maison de retraite « idéale » à ma connaissance n'existe pas encore, et que l'aspect financier reste un paramètre dont on est bien obligé de tenir compte.
Voilà ce que j'ai envie de vous dire en fonction de mon expérience personnelle. Et surtout, quand votre maman sera dans son nouveau cadre, allez la voir le plus souvent possible. Il y aura des moments difficiles, inhérents à la maladie, et au système de fonctionnement de la maison de retraite. J'espère que vous pourrez compter sur vos proches pour surmonter toutes ces étapes.
Je vous embrasse bien affectueusement,
Pierre
Réponse de Pierre Regini le 09/03/2010 à 12h03

Bonjour Pierre,

je viens de lire votre expérience avec votre maman. Je vous présente mes sincères condoléances. Je fais partie d'une famille de 4 enfants, 3 sont sur Nice ou habite notre maman, qui est encore a la maison a l'âge de 90 ans et moi qui habite très loin. Je viens une a 2 fois par ans depuis des années pour rendre visite et comme je dit chaque fois "pour profiter de bons moments avec ma maman". Cette année je suis la pour 3 mois a la fois, d'habitude je reste chez elle mais cette fois j'ai louer un appartement pour rester un peu plus indépendante et  pour essayer d'aider mon frère a faire un peu de changement et améliorer son cadre de vie. Il a la responsabilité de s'occuper de maman et il y a de l'aide a la maison (infirmière 3fois par jour pour les médicaments, assistance pour le ménage) mais je sais que le poids et es responsabilités ont commences a peser sur ses épaules depuis le début de la décision qui a était prise de garder maman a la maison il y a plus de 8ans. Hier soir j'ai réussie a lui laisser me donner la permission de faire un essaie une fois par semaine dans un établissement pour adapter maman a passer l'étape suivante, progressivement. Je compte l'emmener "Aux Palmiers" car ils ont un accueil de jour. Je ne sais pas si c'est la bonne solution mais en tous cas, j'espère essayer de trouver un moyen de rendre la tache plus facile pour mon frère sans qu'il se sente abandonné maman. Voila, si vous avez un point de vue, n'estimez pas a me contacter. A bientôt.

Commentaire n°3 posté par Anne-Marie Becker le 10/06/2010 à 07h14

bonjour! je pense que l alzeimer n 'est pas si terrifiant que ne le laissent entendre tout le tapage médiatique autour de la question; c 'est vrai qu'il faut quand meme une présence continue avc la personner, mais une aide à domicile suffit; et quand on a la chance d'etre nombreux ds la famille, on peut se relayer entre freres et soeurs pr prendre en charge son parent malade, et lui éviter la soimitude des maisons de retraite, pour le peu de temps qui lui reste à vivre; bcp d 'amour et un peu d'attention suffisent, sans trop d'efforts à faire. cette foutue culture occidentale qui commande de jeter ses ^parents à la fin de leurs vies, quand ils ne st plus utiles!!

Commentaire n°4 posté par kabah le 05/10/2010 à 10h06

Bonjour je viens de lire votre article qui m'a beaucoup touché, j'ai 16 ans et ma mère 57 je sais que c'est jeune mais c'est arrivé a quelqu'un qui avait 55 ans et parfois j'ai un peu peur elle a souvent des abscences, oublie beaucoup de chose que l'on est pas senser oublier et ne reconnait pas des personnes . Je vous souhaite bon courage au revoir

Commentaire n°5 posté par bambou le 16/01/2011 à 18h11

  Monsieur Regini,

Permettez-moi de vous féliciter pour l'amour et l'attention que vous portez à votre maman. Moi même j'ai maman qui souffre de cette maladie. Elle est aussi en maison de  repos (je suis belge donc pas les m^ termes) je suis fille unique et je la visite tous les jours. J'ai arrêter mes activités (hernie discale) croyant  1 peu souffler et bin non !!. Maman est calme dans sa chambre, elle était stabilisée médicalement mais actuellement elle dégresse. Les rôles sont inversés c'est comme si c'était mon enfant, je gère tout son bien-être, elle reçoit toutes les 2 semaines son coiffeur, sa podologue tous les mois et possède le  téléphone dont elle fait 1 addiction (envers moi et sa soeur).

Dans cette maladie il n'y a pas qu'une victime il y a d'autres victimes: vous, moi, ma tante, mon mari qui m'écoute c'est très lourd surtout quand maman se rend compte que je l'entoure, que je la coiffe, la parfume, elle sanglote et me  dit que m'arrive-il ?. Je  lui ai expliqué qu'elle n'était pas responsable ni moi non plus !. Je m'informe sur cette maladie surtout pour savoir quels sont les gestes à accomplir mais au fil des jours la situation change et donc j'adapte. Je vous souhaite énormément de courage !

 

Commentaire n°6 posté par Joëlle Martens le 24/03/2011 à 20h37

merci pour votre commentaire qui a répondu à quelques-une de mes questions. Ma mère est également atteinte de la maladie d'azheimer et nous avons dû la placer en urgence cet été dans un séjour longue durée. Elle nous reconnait encore mais ne se souvient plus de ce qu'elle a fait une heure avant. Nous sommes obligé de la changer d'etablissement car celui-ci est trop onéreux.

Elle ne pense qu'à une chose, c'est revenir chez elle. Nous avons tout essayé pour la maintenir à domicile jusqu'à ce qu'elle tombe malade car elle s'echappait de la maison et oublait de rentrer. Nous étions contamment inquiets mon frère et moi.

Je vais la voir le plus souvent possible et la prend à la maison tous les dimanches. Mais je ne sais pas si c'est une bonne chose. Il y a 15 jours, nous l'avons sortis 2 jours de suite pour l'emmener le 1er jour à la mer et  le jour suivant à la maison. Finalement, c'était pire que d'habitude, dans la semaine le personnel soignant n'arrivait plus à la calmer. Peut-être que changer leur repère n'est pas une bonne chose ? Peut-être ce qui nous ferait plaisir ne correspond pas à ce qu'il est nessaire de faire pour les stabiliser ?

Depuis que ma mère est en maison de retraite, je n'arrive plus à dormir car je culpabise tout le temps. Heureusement, mon mari est très gentil et l'accepte tous les dimanches.

Elle m'attend tous les jours et je me sens un peu prisonnière de cette attente. Je lui témoigne le plus d'amour possible mais c'est difficile d'organiser sa vie autour de sa mère de 83 ans qui demande toujours plus et qui ne se rappelle même plus que je suis allée la voir la veille.

Je n'écrirai pas ce message pour me plaindre mais simplement pour savoir si vous avez connu des réactions similaires car je n'ose pas trop en parler à mes amis qui souvent ne comprennent pas.

Commentaire n°7 posté par rididine le 15/05/2011 à 21h17

rididine, je viens de lire votre message du 15.05.11 au sujet de votre maman qui souffre comme la mienne d'alzheimer. J'éprouve des difficultés à taper sur le clavier ; je viens d'être opérée du carpien, vous avez réagi à mon message précédent donc je prends la liberté de vs répondre. Tout d'abord je vs félicite pour l'amour que vous "rendez" à votre maman mais permettez-moi de vs dire (par expérience) que de l'emmener à l'extérieur la déstabilise. Je suis fille unique et je culpabilise aussi mais je fais 1 effort journalier pour me raisonner et me dire que nous n'avons pas mis des enfants au monde pour soi. J'ai moi-même 2  grands fils, 1 de 33 ans qui est papa de 2 adorables petites files et 1 fils de 27 ans qui habite tjs chez nous. L'aîné a sa vie, nous rends visite 1 x/mois, rend visite à maman et finalement je me dis que c'est normal qu'il s'éloigne du cercle familial. Evidemment les occasions de diners familiaux sont rares et c'est toujours avec grand bonheur que nous les recevons, seule ombre au tableau : maman ne participe plus et ça fait mal !. Cette semaine je fais 1 break (pause) étant donné le carpien mais j'ai géré l'intendance pour maman bien sûr. Au risque de vous choquer "je suis en vacances à domicile" d'où le vieil adage : courage fuyons!. Je prends conscience de + en + que j'ai ma vie de couple et autre chose que l'amour filial. Bien sûr je reprendrai mes visites mais je dois "souffler" 1 peu car je suis épuisée Courage à vous et j'espère recevoir de vos nouvelles. PS: Comme je vous comprends étant donné que je "partage" votre situation !

Commentaire n°8 posté par Joëlle Martens le 19/06/2011 à 18h54

Merci pour votre sollicitude. Il est très réconfortant d'être écouté par des personnes dont les proches sont concernés par cette maladie. Vos conseils me sont bénéfiques.

Vous avez certainement raison sur le fait que je destabilise ma mère quand je la prends. Mais, dans les maisons de retraite, il n'est pas facile de savoir ce qu'il faut faire. Aujourd'hui, elle ne voulait pas sortir car il y avait beaucoup de vent. Puis, je l'ai tout de même amenée promener un peu en ville puis manger à la maison. Elle était très heureuse de voir mon fils, âgé de 30 ans et de partager son repas avac nous. Mais à 18h, j'ai eu du mal à la ramener. Elle m'a demandé au moins 10 fois quand c'est qu'elle reviendrait à la maison. Je lui réponds que ce n'est plus possible de rester seule mais la question revient toujours. Heureusement, je m'investie beaucoup dans mon travail, ce qui me permets de ne pas ruminer toute la journée sur ma culpabilité.

Mon moral commence à aller mieux car je m'aperçois qu'elle est beaucoup mieux depuis car elle a des repères qui la rassure et de + elle est toujours entourée. Je commence à prendre du recul par rapport à ses reflexions. Car, je sais que malgré tout ce que je pourrais faire, elle ne sera jamais contente. J'essaie de profiter des bons moments car j'ai la chance qu'elle me reconnaisse encore.

Bon courage à vous pour la suite opératoire et bon repos

Amitiés

Commentaire n°9 posté par rididine le 19/06/2011 à 20h57
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