Dimanche 1 avril 2007
Je voudrais vous faire partager mes moments de bonheur avec ma mère. Avant tout, je dois vous dire que ma maman est très belle. A 85 ans, elle n'est pas ridée. Et son sourire... C'est bien simple, quand elle me sourit, c'est un moment de pure grâce.
Le matin, elle vient me réveiller. Au début, cela me mettait de mauvaise humeur. Être réveillé systématiquement à 6h / 6h30, et pas toujours en douceur, n'est pas forcément agréable. Maintenant je me suis fait une raison. Quand je la rejoins dans la cuisine où elle m'attend, son visage s'illumine. Elle se jette dans mes bras et nous nous étreignons un long moment en nous faisant des bisous dans le cou. Je lui frotte le dos du bout des doigts et elle m'en fait autant. Tout au long de la journée, je l'embrasse dans le cou un nombre incalculable de fois, et elle aussi. Pourtant, ces effusions sont relativement récentes. Je n'ai jamais été très « physique » avec mes parents. On ne s'embrassaient qu'au moment de nous quitter ou de nous retrouver. L'idée même d'être bras dessus bras dessous avec ma mère m'était insupportable. Heureusement, j'ai évolué.
Je voudrais dire aussi que le fait de voir ma mère évoluer chez elle, dans son appartement, me donne un sentiment de joie intense. Je suis heureux et fier de permettre à ma mère de rester chez elle. Chaque jour qui passe est un jour de gagné sur le placement en maison de retraite.
J'adore m'occuper d'elle. Même s'il est vrai qu'elle est en demande permanente et que, à la longue, je craque. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'une personne âgée et malade, d'un être humain avant tout, et pas n'importe qui, une maman, qui souffre physiquement et psychiquement. Cela fait sept mois déjà que je veille sur elle. Je me dis que j'aurais fait au moins çà dans ma vie.
Maman est restée très coquette, bien qu'il faille l'aider aujourd'hui pour choisir ses vêtements et l'habiller. Quand elle voit dans mes yeux que je la trouve belle, elle est fière comme une petite fille. Quand nous sortons faire les courses, tous les commerçants la connaissent et l'adorent. Ma mère fait la bise à tout le monde. L'épicière, la boulangère, le coiffeur. Au restaurant aussi. C'est quelqu'un de bon, de chaleureux, d'authentique. Pareil avec les soignants. Le médecin, les infirmières, le kiné, le pédicure, l'aide à domicile, le personnel de l'accueil de jour. Ça fait vraiment plaisir de voir à quel point elle est appréciée et aimée. Les seuls qui ne la supportent pas, ce sont ses enfants. Finalement, je me dis que c'est grâce à la défaillance de mes frères et sœurs si je peux aujourd'hui vivre cette expérience humaine si enrichissante avec ma mère, même si ma vie personnelle est pour l'instant entre parenthèses.
Le soir est un autre moment fort. Tandis que ma mère me réveille le matin, c'est moi qui la couche le soir. Le rituel est immuable. Je ferme les volets, je la met au lit, je la borde, et je lui fais d'énormes bisous dans le cou et sur la joue. Et là, elle sourit d'aise. Je lui souhaite une bonne nuit, et elle s'endort en souriant.
Le matin, elle vient me réveiller. Au début, cela me mettait de mauvaise humeur. Être réveillé systématiquement à 6h / 6h30, et pas toujours en douceur, n'est pas forcément agréable. Maintenant je me suis fait une raison. Quand je la rejoins dans la cuisine où elle m'attend, son visage s'illumine. Elle se jette dans mes bras et nous nous étreignons un long moment en nous faisant des bisous dans le cou. Je lui frotte le dos du bout des doigts et elle m'en fait autant. Tout au long de la journée, je l'embrasse dans le cou un nombre incalculable de fois, et elle aussi. Pourtant, ces effusions sont relativement récentes. Je n'ai jamais été très « physique » avec mes parents. On ne s'embrassaient qu'au moment de nous quitter ou de nous retrouver. L'idée même d'être bras dessus bras dessous avec ma mère m'était insupportable. Heureusement, j'ai évolué.
Je voudrais dire aussi que le fait de voir ma mère évoluer chez elle, dans son appartement, me donne un sentiment de joie intense. Je suis heureux et fier de permettre à ma mère de rester chez elle. Chaque jour qui passe est un jour de gagné sur le placement en maison de retraite.
J'adore m'occuper d'elle. Même s'il est vrai qu'elle est en demande permanente et que, à la longue, je craque. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'il s'agit d'une personne âgée et malade, d'un être humain avant tout, et pas n'importe qui, une maman, qui souffre physiquement et psychiquement. Cela fait sept mois déjà que je veille sur elle. Je me dis que j'aurais fait au moins çà dans ma vie.
Maman est restée très coquette, bien qu'il faille l'aider aujourd'hui pour choisir ses vêtements et l'habiller. Quand elle voit dans mes yeux que je la trouve belle, elle est fière comme une petite fille. Quand nous sortons faire les courses, tous les commerçants la connaissent et l'adorent. Ma mère fait la bise à tout le monde. L'épicière, la boulangère, le coiffeur. Au restaurant aussi. C'est quelqu'un de bon, de chaleureux, d'authentique. Pareil avec les soignants. Le médecin, les infirmières, le kiné, le pédicure, l'aide à domicile, le personnel de l'accueil de jour. Ça fait vraiment plaisir de voir à quel point elle est appréciée et aimée. Les seuls qui ne la supportent pas, ce sont ses enfants. Finalement, je me dis que c'est grâce à la défaillance de mes frères et sœurs si je peux aujourd'hui vivre cette expérience humaine si enrichissante avec ma mère, même si ma vie personnelle est pour l'instant entre parenthèses.
Le soir est un autre moment fort. Tandis que ma mère me réveille le matin, c'est moi qui la couche le soir. Le rituel est immuable. Je ferme les volets, je la met au lit, je la borde, et je lui fais d'énormes bisous dans le cou et sur la joue. Et là, elle sourit d'aise. Je lui souhaite une bonne nuit, et elle s'endort en souriant.
Par Pierre Regini
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Publié dans : Témoignage
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